Salon virtuel du Livre des collégiens et des lycéens
Cette année, la 5e édition du Salon du Livre est digitale.
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Témoignages d'écrivains

Des écrivains témoignent de cette odyssée littéraire avec des collégiens romanciers

RACHEL CORENBLIT

Écrivain

« Rendre l’écriture possible, c’est s’attacher à développer son propre terrain de jeu, celui de l’imaginaire. Celui des adolescents est un lieu fabuleux. Avec ses silences, ses zones d’ombres, ses pudeurs et ses violences. Ecrire avec eux, c’est aussi se transformer en explorateur. L’atelier d’écriture devient alors une sorte de terre nouvelle à cartographier.
L’association Réparer le langage fait plus que le réparer… Elle donne les moyens d’avancer dans ce territoire.
C’était un plaisir… »

MERCEDES DEAMBROSIS

Écrivain

« C'était loin, très loin, près de trois heures de trajet, il faisait froid, pluvieux, venteux, les transports en commun le plus souvent bondés, les banlieues défilaient, tristes, désolées et à l'arrêt "Cimetière".
Il y avait Emilie Absire. Sourire, énergie, enthousiasme, volonté.
Et sa classe de cinquième, le monde en vingt huit gamins. Une force inouïe au service de l'écriture, de leur roman. "En route vers le Paradis" les a emmenés très loin tant du point de vue personnel que collectif, et ces séances de travail ont été pour nous tous inoubliables. Riches en enseignement, en joie, en doutes partagés, surmontés.
Une aventure qui n'aurait sans doute pas été possible sans l'implication formidable d'Emilie A, et ce collectif d'écrivains "en herbe" qui ont démontré si magnifiquement qu'avec une plume et une page blanche tout devient possible. »

pascal dessaint

Écrivain

« Dans une classe SEGPA qui, m’avait-on prévenu, s’annonçait difficile, j’ai été surpris par l’envie immédiate de vivre pleinement cette aventure d'écriture. Aussitôt, il y a eu entre nous une sorte de connivence, évidente d’emblée par le choix du thème (la pollution) — les élèves ne pouvaient savoir que j’y étais très sensible. J’ai été impressionné par leur rigueur et la capacité incroyable qu’ils ont eu d’enquêter, d’inventer. Sous la houlette d'une enseignante magnifique, ils sont allés jusqu’à jouer des scènes afin d’être le plus précis possible. Je ne saurais faire la liste de toutes leurs qualités. Le jour du salon, les élèves m’ont ému aux larmes. Superbe expérience !

Abdelkader Djemaï

Écrivain

« Préparer et ouvrir les collégiens en difficulté à un vocabulaire large et plus précis pour qu’ils puissent maîtriser les mots et comprendre leurs sens exacts, cet objectif, s’il est atteint, contribuerait à les aider à appréhender le réel et à mieux affronter la réalité.
Travailler, avec eux, sur le langage écrit et parlé, c’est les encourager aussi à partir à la conquête d’eux-mêmes, du savoir, de la connaissance et à consolider le lien social qui les unit aux autres.
Une manière aussi de combattre les préjugés, les malentendus et les clichés pour leur permettre d’assumer sereinement leur citoyenneté et construire pleinement leur avenir.
Né dans une famille modeste et de parents analphabètes, je sais ce que m’ont apporté les mots et les images de la langue française que j’ai faite mienne : une façon d’être, par la lecture et l’écriture, présent au monde et de participer à son évolution.»

DIDIER GOUPIL

Écrivain

« Ecrire. Se retrouver tous les mercredis en dehors du cadre de la classe, et écrire. Non pas écrire en solitaire, seul dans son coin et dans sa tête, mais écrire à plusieurs, avec ses camarades, chacun avec son âge, chacun avec son regard, en dialoguant et en s’écoutant. Non pas écrire pour soi, mais écrire à voix haute, avec les autres, et même pour les autres - pour tous ces enfants qui ailleurs ne savent ou ne peuvent le faire.
Ecrire pour partager une aventure, pour relever un défi et s’y tenir, pour montrer que nous aussi on peut y arriver, qu’on l’écrira jusqu’au bout ce livre qui vivait entre nous et n’attendait que l’atelier d’écriture pour exister enfin.
Ecrire pour vivre, donc, pour vivre un peu plus.
Ecrire pour ouvrir les yeux plus grand.
Plus loin. » »

fabienne jacob

Écrivain

« C’est avec un grand plaisir que j’ai animé des séances d’écriture au collège Saint-Gabriel de Bagneux (92) entre novembre 2017 et mars 2018 auprès de la classe de 5è de Mme Prévot. J’ai d’abord proposé une série de petits jeux littéraires, dictionnaire poétique, portrait chinois et autres, histoire de délier les langues. Puis nous avons tenté ensemble d’imaginer l’histoire qu’ils aimeraient écrire. Très vite, nos désirs se sont orientés vers un récit relatif au pays d’origine de la famille puisque plus des trois quarts des élèves de la classe étaient issues de l’immigration. Les débats furent vifs, surtout entre garçons et filles. Les garçons souhaitaient des histoires avec beaucoup d’actions et les filles, des histoires plus « intérieures », qu’ils ne manquaient pas de qualifier de « nulles » ! Une moitié de la classe a joué pleinement le jeu, se passionnant pour les choix qu’ils défendaient avec cœur. Ce fut une aventure à la fois stimulante et émouvante pour moi. »

alain monnier

Écrivain

 « Réparer le langage" est un vaste projet qu'il faut, comme tous les vastes projets, découper en projets plus petits, jusqu'à arriver dans une classe d'une vingtaine d'élèves avec lesquels on peut commencer, sans le dire, à tricoter des phrases, à améliorer des tournures, à essayer des mots... 
L'opération est belle, elle porte de belles échappées au niveau des élèves, elle donne de l'espoir. »

BENOIT SÉVERAC

Écrivain

« J'ai eu le privilège de participer à l'édition 2016-17 du projet Réparer le langage, je peux. Je parle de privilège parce que cette expérience m'a donné la possibilité de découvrir le travail d'une enseignante passionnée, entièrement dévouée à ses élèves (des cinquième SEGPA) et son métier, et d'en retirer une leçon d'humanité. Elle m'a démontré qu'en mettant en avant leurs qualités, et en se servant de leurs points forts, des élèves dits "en difficultés", pouvaient produire une fiction de très grande qualité. 
Réparer le langage, ils peuvent ! me dis-je en relisant leur texte, Zoé, Lou et moi. »

SANDRINE VERMOT-DESROCHES

Écrivain

« Portant dans nos cœurs ce rêve de « Remettre en état ce qui est déréglé », comme l’écrit Alain Rey dans son Dictionnaire historique de la langue française, réparer le langage lu, dit, écrit, avec les mots justes, a pris son essor dans l’école. Écrire des livres, main dans la main, élèves, professeurs, et auteurs... Pour recouvrer la signification précise des termes usités, enrichir l’éventail de son lexique et, sous l’arbre bienfaisant de la connaissance, oser donner confiance sans stigmatisation. Parce que c’est autour de tables de classes que se disent et s’écrivent les phrases et les chapitres, sans jugement, dans l’écoute, le dialogue, avec le respect de chacun et pour l’estime de tous...
Jusqu’à prendre la parole en public. »