Témoignages d'écrivains

Ils sont partenaires de notre association, et font foi de leur engagement à nos côtés.

Alain Absire

Écrivain

« Avoir les mots pour le dire, pouvoir se dire à soi-même et exprimer ce que l’on comprend et imagine, ce à quoi l’on croit et les sentiments que l’on éprouve... Pour un nombre croissant de nos jeunes adolescents, l’obstacle est difficile à franchir. Agir pour que ces filles et ces garçons exposés au silence ne perdent pas espoir en une vie sociale harmonieuse qui les intègre dans notre monde d’aujourd’hui est une nécessité. Pour aider chaque collégien à écouter les autres et à prendre la parole pour surmonter ces difficultés scolaires, nous écrivains dont l’usage et le partage des mots est notre savoir-faire, nous nous mobilisons avec Réparer le langage, je peux. Et déjà les visages qui risquaient de se fermer s’éclairent et les langues qui commençaient à se nouer se délient. »

RACHEL CORENBLIT

Écrivain

« Rendre l’écriture possible, c’est s’attacher à développer son propre terrain de jeu, celui de l’imaginaire. Celui des adolescents est un lieu fabuleux. Avec ses silences, ses zones d’ombres, ses pudeurs et ses violences. Ecrire avec eux, c’est aussi se transformer en explorateur. L’atelier d’écriture devient alors une sorte de terre nouvelle à cartographier.
L’association Réparer le langage fait plus que le réparer… Elle donne les moyens d’avancer dans ce territoire.
C’était un plaisir… »

Mercedes Deambrosis

Écrivain

« Du latin reparare : préparer à nouveau. Remédier à son imperfection. Remettre en état une chose endommagée, restaurer, lui donner des forces, lui rendre sa dignité.
Ne pas abandonner, ni baisser les bras devant la difficulté, la dureté de la vie, des êtres et des choses.
On répare les objets, on répare le corps, la Médecine, elle-même emploie ce terme, réparer… alors quoi de plus légitime qu’employer la littérature pour réparer la langue ? Une langue ankylosée, maltraitée, mutilée, appauvrie, qui s’appuie sur des béquilles et peu à peu devient inutile, presqu’obsolète, où les mots perdent leur sens jusqu’à disparaître…
C’est sans doute pour cela, que j’y crois, que je veux être de cette aventure essentielle pour ce qui est notre bien le plus précieux, le pouvoir de l’expression de nos pensées, de nos volontés, de nos rêves.»

Abdelkader Djemaï

Écrivain

« Préparer et ouvrir les collégiens en difficulté à un vocabulaire large et plus précis pour qu’ils puissent maîtriser les mots et comprendre leurs sens exacts, cet objectif, s’il est atteint, contribuerait à les aider à appréhender le réel et à mieux affronter la réalité.
Travailler, avec eux, sur le langage écrit et parlé, c’est les encourager aussi à partir à la conquête d’eux-mêmes, du savoir, de la connaissance et à consolider le lien social qui les unit aux autres.
Une manière aussi de combattre les préjugés, les malentendus et les clichés pour leur permettre d’assumer sereinement leur citoyenneté et construire pleinement leur avenir.
Né dans une famille modeste et de parents analphabètes, je sais ce que m’ont apporté les mots et les images de la langue française que j’ai faite mienne : une façon d’être, par la lecture et l’écriture, présent au monde et de participer à son évolution.»

DIDIER GOUPIL

Écrivain

« Ecrire. Se retrouver tous les mercredis en dehors du cadre de la classe, et écrire. Non pas écrire en solitaire, seul dans son coin et dans sa tête, mais écrire à plusieurs, avec ses camarades, chacun avec son âge, chacun avec son regard, en dialoguant et en s’écoutant. Non pas écrire pour soi, mais écrire à voix haute, avec les autres, et même pour les autres - pour tous ces enfants qui ailleurs ne savent ou ne peuvent le faire.
Ecrire pour partager une aventure, pour relever un défi et s’y tenir, pour montrer que nous aussi on peut y arriver, qu’on l’écrira jusqu’au bout ce livre qui vivait entre nous et n’attendait que l’atelier d’écriture pour exister enfin.
Ecrire pour vivre, donc, pour vivre un peu plus.
Ecrire pour ouvrir les yeux plus grand.
Plus loin. » »

BENOIT SÉVERAC

Écrivain

« J'ai eu le privilège de participer à l'édition 2016-17 du projet Réparer le langage, je peux. Je parle de privilège parce que cette expérience m'a donné la possibilité de découvrir le travail d'une enseignante passionnée, entièrement dévouée à ses élèves (des cinquième SEGPA) et son métier, et d'en retirer une leçon d'humanité. Elle m'a démontré qu'en mettant en avant leurs qualités, et en se servant de leurs points forts, des élèves dits "en difficultés", pouvaient produire une fiction de très grande qualité. 
Réparer le langage, ils peuvent ! me dis-je en relisant leur texte, Zoé, Lou et moi. »